crains pas grand monde.Voilà deux exemples de mises au défi que j'ai relevées :
Un dentiste me demanda de trouver, en me guidant par l'odeur, la composition
d'une pâte dévitalisante pour dents cariées.Je pris l'air important et solennel du
sommelier et déclamai : ether, créosote, clou de girofle, camphre...ah ! l'air ahuri
de l'homme de l'art .
Un ami m'avait offert un thé russe de luxe et me demanda si j'étais capable d'en
donner les ingrédients, je les énumérai avec une tranquille assurance: thé noir,
pamplemousse, orange et leurs écorces, réglisse et cédrat : il se frotta les yeux
après avoir lu la composition.
Je précise que je peux distinguer avec une facilité absolue un son provenant
d'un vinyl ou d'un cd et qu'en outre je suis doué de la faculté de revivre avec
une intensité incroyable une époque, qu'une musique, un parfum, un fruit...
me rappellent : je me retrouve dans le temps."Chanson d'amour" de Manhattan
Transfer et "I went to the market " de Vignault me transportent au lycée poyvalent
en automne.La chanson Ramaya me plie de rire car je pense immanquablement
à quelqu'un qui l'appréciait en Mars 76 et je revis les sensations de ce printemps
avec une intensité qu'il est difficile d'imaginer.Je suis prodigieusement sensitif.
Il en va de même pour les parfums.Ma mère portait "bal du printemps" de Ber-
-doues à cette époque et j'en possède un échantillon qui date de 75 et qui sent
comme au premier jour, je le respire de temps en temps (Robert, je t'enverrai un
courrier sur lequel je mettrai une goutte d'icelui).Je peux même reconstituer un
parfum hypothétique: je m'explique, un jour au supermarché, je ne compris pas
tout d'abord pourquoi tous les clients se pressaient vers une caisse embouteillée
au détriment d'une autre qui ne comptait qu'un couple comme achalandage.
Un furtif passage derrière lui me fit comprendre la témérité de ma démarche :
ah ! mes ami(e)s ! comment vous dire ? sans exagérer, imaginez de l'oignon mis
à macérer quelques jours dans du vinaigre auquel on aurait ajouté du pipi de chat
et une ou deux mesures d'ammoniac, et vous aurez une idée exacte de l'effluve,
qui n'était pas l'effluve des mots je vous le garantis, que je subis l'espace de trois
secondes.
P.S: pour celles et ceux qui le veulent bien, je serais curieux qu'elles et ils me
disent ce qu'elles et ils aiment, détestent, craignent...cela doit donner une idée
de chacun(e).




