Le 25 juillet 1967, un journal de Hong Kong publia des idéogrammes en cantonnais, crées pour
l'occasion: ils signifiaient, Québec. La veille, du haut du balcon de la mairie, de Gaulle avait
crié son "vive le Québec libre" à la grande joie des souverainistes et à la fureur des fédéralistes.
Pour éviter de se retrouver en zone fédérale (il existe une bande de terrain dans chaque aéroport
canadien qui échappe à la compétence provinciale), de Gaulle avait voyagé sur le"Colbert" et re-
-monté le Saint Laurent jusqu'à Québec. Le premier couac fut de le faire accueilir par le gouver-
-neur général Mitchener qui ne parlait pas un mot de français: erreur grave! deuxièment, le"God
save the queen" fut copieusement sifflé pendant que la Marseillaise était reprise avec fougue sur
les quais. L'accueil fut délirant tout le long du "chemin du roy" qui est la route reliant Québec et
Montréal, appelé ainsi car les québécois avaient espéré que le roi de France viendrait l'inaugurer.
A chaque étape (Donnacona, Ste Anne de la Pérade, Trois rivières....Montréal) on a assisté aux re-
-trouvailles d'une famille.Les partisans du R.I.N (rassemblement pour l'indépendance nationale),
présents tout le long du parcours faisaient monter la pression. Les références à l'indépendance
devenaient de plus en plus précises. Le maire de Montréal, Jean Drapeau, un fédéraliste était
de plus en plus mal à l'aise d'autant plus que "son" exposition universelle passait au second plan.
De Gaulle ne devait normalement pas s'adresser à la foule mais le destin est un dieu malicieux
qui avait placé un micro qu'un technicien de Radio Canada opportunément présent, s'empressa de
brancher: la suite est connue mais je veux réparer une erreur que l'on trouve dans tous les livres
consacrés à cette journée historique.Les auteurs donnent in extenso le discours et se trompent
systématiquement en écrivant "...la ville française de Montréal " alors que de Gaulle dit:" la ville
de Montréal,française" pour appuyer sur ce caractère. Je précise que le Québec est un de mes dadas et que je connais ce discours par coeur.Le cri qui jaillit d'une foule composée
exclusivement
de souverainistes me donne le frisson chaque fois que je l'entends.Si je parle de folklore en forma-
-tion c'est que cette journée sert de référence aux indépendantistes et qu'une foule d'anecdotes
vient donner une dimension mythique à cette journée du 24 juillet 1967. Quarante ans plus tard on pense aux chansons de Béranger qui idéalisait l'image de Napoléon aux yeux du peuple. Un pro-
-fesseur raconte qu'il vit un vieillard porter un enfant à bout de bras, lui, pleurant et criant: "regarde
le, regarde le" au passage du cortège présidentiel.Je suis un sympathisant de la cause indépendan-
-tiste québécoise, mais je n'oublie pas que les "premières nations" sont les plus légitimes à revendi-
-quer leurs droits. A Pierre Bourgault (1934-2003) in memoriam.
Par Kired
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J'ai terminé le traitement de mes dossiers depuis une demi-heure et je lis la poitrine appuyée
sur le dos de ma chaise.Une jeune et jolie femme est ma collègue.Son corps plus ou moins découvert par une robe d'été satisfait aux règles du sublime posées par Kant.Elle me fait part de sa
pratique occasionnelle du naturisme et exhibe des jambes cuivrées et, disons le,
racées.La connexion entre le sujet du livre et mon cerveau commence à souffrir des éclipses.
Elle, de nature si délicate me demande si elle peut boire directement à ma bouteille de jus
d'orange.Je réponds oui.Passant derrière moi, elle s'enquiert de ce que je lis, sa joue contre la mienne, son corps épousant mon corps des hanches jusqu'aux épaules.Le sujet du livre
a déserté définitivement mon esprit et mon cerveau est un tourbillon d'électrons qui bourdon-
-nent comme des abeilles en furie.Eh bien croyez moi ou pas, cette adorable fée clochette
avait un petit ami et son comportement n'était que l'expression d'une spontanéité dépourvue
d'arrière- pensées; c'est pourquoi depuis, tant qu'une gente dame ne me saute pas au cou
en affirmant devant huissier et sous-seing privé que je suis l'homme de sa vie, je reste coi et
fais mienne la devise de Guillaume le taciturne :" je maintiendrai ".
Par Kired
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Ce biologiste et généticien anglais appartenait à la confrérie des savants
excentriques.Il avait inquiété la Grande-Bretagne qui "célébrait" le 300ème
anniversaire de la décapitation du roi Charles 1er, en déclarant lors d'une entrevue sur ce sujet que si ce monarque avait été un géranium, il aurait
survécu. Au ministre des postes il écrivait :"votre célérité", à celui des armées,
"votre férocité"...etc.
Si j'écris un jour à Kouchner, je l'appellerai " votre élasticité ".
Par Kired
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