Vendredi 23 mai 2008
La lecture de San Antonio n'est pas à mettre entre toutes les mains, je suis un rescapé de son
humour polisson.Gamin, je dévorais ses livres sans tout comprendre, notamment l'argot, mais
les noms de Alonzo Balmasquez, Sylvie Va t'en, Farah Dubois...me faisaient secouer les épau-
-les de rire.Les épaules, je les ai un peu moins secouées quelque temps plus tard: je m'expli-
-que, le héros est en train de regarder une revue polissonne en long, en large et à l'envers.Il
remet la revue à l'endroit et fait le jeu de mot suivant:"et par voie ...de conséquence...".Cette
expression que je n'avais jamais lue jusqu'alors (les temps étaient prudes à cette époque) me
plut au-delà du raisonnable.Promis, juré, elle entrerait dans la prochaine rédaction scolaire.
Quand on me rendit ma copie, celle-ci ressemblait à un manifeste du communisme pictural
tellement elle était barrée de rouge sous forme de points d'interrogation,d'exclamation de
ratures...un véritable alphabet cunéiforme.La prof avait du me prendre pour un esprit tourmen-
-té, un disciple de Sade.Comment dire, pour vous mettre sur la voie quant au mot manquant,
le copain d'avant R. Galès à qui j'envoyai ce courriel me dit que cette anecdote méritait d'entrer
dans les annales.
Passons à Bergson maintenant. Le temps a passé et je suis maintenant un grand garçon, sérieux,
non je plaisante, mais je suis en fac. "Le Temps est le fantôme de l'espace obsédant la conscien-
-ce réfléchie" est une magnifique synthèse de la conception bergsonnienne du Temps selon
laquelle c'est "par l'intermédiaire du mouvement surtout que la durée prend la forme d'un milieu
homogène,et que le Temps se projette dans l'espace" mais on est en présence d'une conscience
à la psychologie superficielle et c'est au sein du moi fondamental que l'on trouve le siège de la
vraie durée.On est confronté à une dualité d'états de conscience ce qui montre que l'auteur se
situe dans un domaine de psychologie introspective aux antipodes d'un Temps, concept empirique.
Eh bien, cette phrase, j'avais parié que je la glisserais dans un devoir de droit aux "partielles".Il ne
faut pas parier avec moi, j'ai tenu parole.(bon,je triche un peu,il s'agissait d'un devoir de science
administrative).
Par Kired
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 23 mai 2008
Que l'on ne se méprenne pas, c'est le souverainisme québécois que j'encense
et non le gégène dont je n'ai rien à fiche.
Par Kired
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 22 mai 2008

Le 25 juillet 1967, un journal de Hong Kong publia des idéogrammes en cantonnais, crées pour
l'occasion: ils signifiaient, Québec. La veille, du haut du balcon de la mairie, de Gaulle avait
crié son "vive le Québec libre" à la grande joie des souverainistes et à la fureur des fédéralistes.
Pour éviter de se retrouver en zone fédérale (il existe une bande de terrain dans chaque aéroport
canadien qui échappe à la compétence provinciale), de Gaulle avait voyagé sur le"Colbert" et re-
-monté le Saint Laurent jusqu'à Québec. Le premier couac fut de le faire accueilir par le gouver-
-neur général Mitchener qui ne parlait pas un mot de français: erreur grave! deuxièment, le"God
save the queen" fut copieusement sifflé pendant que la Marseillaise était reprise avec fougue sur
les quais. L'accueil fut délirant tout le long du "chemin du roy" qui est la route reliant Québec et
Montréal, appelé ainsi car les québécois avaient espéré que le roi de France viendrait l'inaugurer.
A chaque étape (Donnacona, Ste Anne de la Pérade, Trois rivières....Montréal) on a assisté aux re-
-trouvailles d'une famille.Les partisans du R.I.N (rassemblement pour l'indépendance nationale),
présents tout le long du parcours faisaient monter la pression. Les références à l'indépendance
devenaient de plus en plus précises. Le maire de Montréal, Jean Drapeau, un fédéraliste était
de plus en plus mal à l'aise d'autant plus que "son" exposition universelle passait au second plan.
De Gaulle ne devait normalement pas s'adresser à la foule mais le destin est un dieu malicieux
qui avait placé un micro qu'un technicien de Radio Canada opportunément présent, s'empressa de
brancher: la suite est connue mais je veux réparer une erreur que l'on trouve dans tous les livres
consacrés à cette journée historique.Les auteurs donnent in extenso le discours et se trompent
systématiquement en écrivant "...la ville française de Montréal " alors que de Gaulle dit:" la ville
de Montréal,française" pour appuyer sur ce caractère. Je précise que le Québec est un de mes dadas et que je connais ce discours par coeur.Le cri qui jaillit d'une foule composée exclusivement
de souverainistes me donne le frisson chaque fois que je l'entends.Si je parle de folklore en forma-
-tion c'est que cette journée sert de référence aux indépendantistes et qu'une foule d'anecdotes
vient donner une dimension mythique à cette journée du 24 juillet 1967. Quarante ans plus tard on pense aux chansons de Béranger qui idéalisait l'image de Napoléon aux yeux du peuple. Un pro-
-fesseur raconte qu'il vit un vieillard porter un enfant à bout de bras, lui, pleurant et criant: "regarde
le, regarde le" au passage du cortège présidentiel.Je suis un sympathisant de la cause indépendan-
-tiste québécoise, mais je n'oublie pas que les "premières nations" sont les plus légitimes à revendi-
-quer leurs droits. A   Pierre Bourgault (1934-2003) in memoriam.

Par Kired
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 22 mai 2008
Pour celles et ceux qui ne croient pas en l'efficacité de l'homéopathie, voici quelques
expériences personnelles: souffrant de vertiges soudains, je me rends chez l'ORL,il
me fait une manip du cou et me prescrit des médoc aux noms impressionnants. Plu-
-sieurs jours se passent sans amélioration. Je stoppe le traitement et vais chercher
sur mon dico les granulés correspondant à mon cas. Après 4 jours, mes vertiges ne
sont plus qu'un mauvais souvenir. Un ami me téléphone un jour et me dit incidem-
-ment que son fils va sans doute devoir se faire opérer pour des verrues plantaires:
je lui demande d'essayer un produit à base de gouttes homéopathiques; quelques
jours plus tard il me téléphone pour me dire que les verrues ont miraculeusement
disparu. Il y a 10 ans j'ai été victime d'une allergie terrible: cortisone, antibiotiques,
rien n'y a fait. Un dermatologue homéopathe me prescrit des  préparations  sembla-
-bles à des grimoires alchimiques et de la teinture mère de bardane contre l'infection:
la première nuit vit l'assèchement des lésions et plus tard la disparition des bactéries
confirmée par un antibiogramme. J'aurais d'autres exemples et que l'on ne me parle pas d'effet placebo car cela marche aussi pour les animaux.Sous la pression du
lobby de l'industrie pharmaceutique dont on sait que beaucoup des produits n'ont
aucun effet réel, les médocs homéopathiques ont été déremboursés; quand on sait
le montant modéré des ordonnances posées par les homéopathes et l'absence de
toxicité des produits, on ne peut que s'indigner. C'était mon coup de gueule.
Par Kired
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 21 mai 2008
Dans son livre "les enfants humiliés", Bernanos supposait que les allemands régur-
-gitaient les tonnes de bière avalées ,sous forme de musique et de métaphysique. Je
connaissais les vertus "dormitives"  du houblon mais j'ignorais que Kant et Bach
étaient ses débiteurs. Bernanos ajoutait que l'injection d'une dose, même minime,
d'ironie leur était mortelle. Il aurait pu parler des "vertus" guerrières de cette boisson
chez les Teutons.Plus sérieusement ,le XVIIIème siècle apposera un poinçon défini-
-tif au tryptique"militarisme, musique, métaphysique". Aucun de ces caractères n'est
une vue de l'esprit. Si j'étais un pangermaniste, je qualifierais l'Allemagne de trismé-
-giste, mais je préfère Bach, Hegel ou Hölderlin à Clausewitz, Blücher ou Von Moltke.
Il est vrai que l'histoire atteste le caractère guerrier du Germain depuis le désastre 
des légions du légat Varus dans les sombres forets de Teutoburg, jusqu'aux machi-
-nes infernales que furent les parachutistes du mont Cassin ou les divisions ss de
Arnhem.Lors du siège de Montréal par les américains au début du XIXème (déjà!),
l'arrivée du régiment de Hesse-Hainaut qui servait la couronne anglaise(dynastie
hanovrienne), fit déguerpir les assiégeants épouvantés par la réputation de cette
unité.En revanche, pendant la guerre d'indépendance des u.s.a , une milice de pay-
-sans prussiens écrasa l'armée anglaise.Cet abruti de Napoléon aurait pu se passer
d'humilier la Prusse(la vision des soldats préparant la revanche en aiguisant leurs
sabres sur les marches de l'ambassade de France aurait du lui mettre la puce à
l'oreille).Dans la mythologie scandinave, Odin se prépare au "ragnarok", la défla-
-gration finale improprement appelée le"crépuscule des dieux": celui-ci s'est pro-
-duit en 1945 mais ce n'était que l'ombre portée des postulations nihilistes.
Un prélude de Bach, la grande fugue de Beethoven, les poésies de Novalis, le "loup
des steppes" de Hesse...voilà mon Allemagne.

P.S: B. Mégret  vient d'annoncer en mondovision et "urbi et orbi" sa retraite politique: comment dire...je,je...suis très ému, l'émotion m'étouffe, il va me manquer:
-" Alors garçon, il vient ce plat de nouilles ? j'ai faim quoi ! "
Par Kired
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 20 mai 2008
Autant le dire, j'ai assisté à un phénomène paranormal. Cela s'est produit en
terminale, en géographie. Le professeur, un suppléant, cherchait vainement
le nom d'un Beatle. Pas un(e) des 25 élèves n'a pu lui venir en aide: amnésie
collective (c'est pourquoi je dis que c'est du domaine du paranormal). Après
quelques tentatives, le cours reprit son cours(pardon), et ils oublièrent l'inci-
-dent; je dis ils car quant à moi je sentis une démangeaison des neurones, oh
pas un prurit intellectuel, non , juste une "gratouille" du cervelet qui me décon-
-necta du monde extérieur une vingtaine de minutes. Vu de l'extérieur, je devais
donner l'impression de me trémousser sur un champ d'orties. Tout à coup, Fiat
Lux ! Eurêka ! je m'écriai comme un damné: "Georges Harrisson".Il y eut un sur-
-saut général suivi par un éclat de rire collectif, 25 paires d'yeux fixées sur moi,
le King Crimson(ceci pour rendre homma ge à un groupe génial).
Par Kired
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 18 mai 2008

J'ai terminé le traitement de mes dossiers depuis une demi-heure et je lis la poitrine appuyée
sur le dos de ma chaise.Une jeune et jolie femme est ma collègue.Son corps plus ou moins découvert par une robe d'été satisfait aux règles du sublime posées par Kant.Elle me fait part de sa pratique occasionnelle du naturisme et exhibe des jambes cuivrées et, disons le,
racées.La connexion entre le sujet du livre et mon cerveau commence à souffrir des éclipses.
Elle, de nature si délicate me demande si elle peut boire directement à ma bouteille de jus
d'orange.Je réponds oui.Passant derrière moi, elle s'enquiert de ce que je lis, sa joue contre la mienne, son corps épousant mon corps des hanches jusqu'aux épaules.Le sujet du livre
a déserté définitivement mon esprit et mon cerveau est un tourbillon d'électrons qui bourdon-
-nent comme des abeilles en furie.Eh bien croyez moi ou pas, cette adorable fée clochette
avait un petit ami et son comportement n'était que l'expression d'une spontanéité dépourvue
d'arrière- pensées; c'est pourquoi depuis, tant qu'une gente dame ne me saute pas au cou
en affirmant devant huissier et sous-seing privé que je suis l'homme de sa vie, je reste coi et
fais mienne la devise de Guillaume le taciturne :" je maintiendrai ".

Par Kired
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Samedi 17 mai 2008
J'ai lu Ulysse,700 pages, en petits caractères, dans la 1ère traduction, la seule légitime selon moi.
Le sujet, très résumé, est celui d'une journée dans la vie de Léopold Bloom, à Dublin. C'est le pré-
-texte pour Joyce d'éblouir le lecteur par un feu d'artifice du langage qui épouse toutes les formes
de la réthorique, qui embrasse la philosophie, l'histoire, la religion, la politique.L'intelligence est
portée à un degré de pointillisme qui s'épanouit en fleur universelle du savoir. Les personnages
et la trame de l'Odyssée de Homère, se retrouvent de façon plus ou moins symbolique chez Joyce.
Bloom est Ulysse (penser au juif errant), sa femme Molly est Pénélope, Stephen Dedalus représen-
-te Télémaque (bien qu'il s'agisse dans le roman d'une sorte de fils adoptif rencontré en chemin)...
Tout comme chez Homère, le texte débute par une invocation à la muse et les épisodes des sirènes,
des lestrygons, des lotophages,de la magicienne Circé, du dieu Eole chassant Ulysse,..sont repré-
-sentés par Joyce (certains épisodes comme celui du cyclope ne sautent pas à l'oeil, aux yeux,
pardon!).Pour ne pas m'éterniser, je voudrais dire que James Joyce et l'auteur grec ont deux autres
points communs : ce sont des aèdes: j'ai écouté l'auteur déclamer, car il s'agit de déclamation, des
pages de son roman dans une diffusion enregistrée sur France culture et c'est sublime.Le second
point qui les unit est la cécité.
...ne te détourne plus pour méditer l'amer mystère de l'amour, car Fergus commande aux chars d'airain...Au creux de la baie et au large blanchissait la mer miroitante, éperonnée par des pieds
fugaces et légers.Sein blanc de la mer nébuleuse.Les accents enlacés deux à deux.Une main cueillant
les cordes de la harpe et mêlant leurs accords jumeaux.Vagues couplées du verbe,vif-argent qui vacille sur la sombre marée.
Un nuage se mit à couvrir lentement le soleil, approfondissant de son ombre le vert de la baie.Elle était
là derrière Stephen, bol plein d'eaux amères.Le chant de Fergus: je le chantais seul dans ma chambre,
prolongeant les longs accords sombres...elle pleurait sur son lit de misère.Oui, à cause de ces mots,
Stephen : l'amer mystère de l'amour.
Par Kired
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 17 mai 2008
. .

Ce biologiste et généticien anglais appartenait à la confrérie des savants
excentriques.Il avait inquiété la Grande-Bretagne qui "célébrait" le 300ème
anniversaire de la décapitation du roi Charles 1er, en déclarant lors d'une entrevue sur ce sujet que si ce monarque avait été un géranium, il aurait
survécu. Au ministre des postes il écrivait :"votre célérité", à celui des armées,
"votre férocité"...etc.
Si j'écris un jour à Kouchner, je l'appellerai " votre élasticité ".


Par Kired
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 16 mai 2008
Max Favalelli, celui qui fut l'arbitre du jeu " les chiffres et les lettres " , durant les années
70 et 80, tenait sous l'occupation la rubrique cruciverbiste d'un journal parisien.Voici la
définition en 6 lettres qu'il donna du maréchal Pétain: " a mérité le bâton ": finement joué!
Par Kired
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Une flamme contre le cancer

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés