CAMPS DE CONCENTRATION, CAMPS DE RETENTION,
OU
LES ZELES SERVITEURS DE L’ETAT ENFERMENT, TORTURENT, HUMILIENT…
UNE VIEILLE TRADITION FRANCAISE !!!
… »Un peuple qui, oublie son passé, se condamne à le revivre «
Hier :
… »Au lieu de faire la police avec nos soldats, nous la faisons avec les policiers et les gendarmes de Pétain. C'est une économie appréciable ". Adolph Hitler
Aujourd’hui, les Impérialistes Usionistes sont, en mesure d’affirmer la même chose…
HISTORIQUE DU CAMP DE BRENS (Tarn)
UN CAMP DE CONCENTRATION POUR LES FEMMES
Le 1er septembre 1939, l’attaque de la Pologne par le Reich allemand ouvre les hostilités.
Dans les tous premiers jours du mois d’octobre, l’ordre est donné aux préfets du sud de la France de faire face à l’arrivée éventuelle des réfugiés.
Ainsi les autorités préfectorales tarnaises réquisitionnent le 16 octobre 1939 au sud de Gaillac dans la commune de Brens, une propriété de près de 2 hectares appartenant au comte de Noblet.
Une situation géographique proche des départements de la Haute-Garonne, du Tarn et des liaisons faciles vers Montauban, des
possibilités de dessertes fluviales, la voie ferrée expliquent ce choix
Le 31 décembre 1941 le camp de Bren vient d’être retenu par la direction de police nationale pour l’installation d’un « camp de concentration ».
Il a été décidé d’en faire un camp de femmes, en remplacement de celui de Rieucros –Lozère- qui s’avérait trop exigu.
Celui-ci avait été ouvert le 12 septembre.
1939 pour recevoir les étrangères et les françaises « suspectes », les condamnées de droit commun et les femmes internées pour mauvaise conduite.
LA POPULATION
En février 1942 350 femmes sont comptabilisées.
Le chef de camp demande le 3 juin 1943 à ce que les enfants en bas âge ne soient plus acheminés avec leur mère, car la situation ne permet plus d’assurer à ceux-ci une vie matérielle convenable.
Brens a été le seul camp spécifique de femmes de la zone sud.
1150 prisonnières y ont une expérience concentrationnaire.
La police nationale prend des mesures pour faire conduire par les préfectures de zone libre les « juifs apatrides » qui ont franchi la ligne de démarcation.
Le 26 août 1942 la police française lance la grande rafle anti-juive dans la zone libre. Brens livre sont contingent d’internées :
31 partent rejoindre les camps d’Auschwitz.
D’horizons géographiques divers, elles ont été arrêtées dans différents départements et certaines ont connu le camp de Rieucros avant celui de Brens : près du quart sont accusées de propagande communiste, la plus âgée a 56 ans, la plus jeune a 17 ans.
Le 2 septembre 1942 elles sont transférées à Drancy.
En toute une quinzaine de nationalités coexistaient au camp.
Le quotidien
Une infirmerie sera terminée en mai 1942.
Des cours sont organisés par les détenus elles-mêmes, et en particulier des cours de langue, mais la censure veille, et le 25 novembre 1943 les cours de littérature sont supprimés car données par une institutrice communiste.
Pour les enfants, souvent d’origine espagnole, l’épouse d’un inspecteur des renseignements généraux dispense un enseignement élémentaire en français.
A chaque manifestation les sanctions tombent brutalement :
Interruption de courrier et des colis interdiction des visites, isolement des coupables. On agit de même pour chaque évasion.
Une vingtaine d’évasions ont été réussies dont une a réussi à traverser le Tarn.
Une quinzaine ont été échoué.
Les évasions sont solitaires, sauf celle du 5 mai 1944 où 5 femmes parviennent à s’enfuir.
Leurs complices son sanctionnées, 8 jours d’isolement complet.
La fin du camp et la mémoire
Désaffecté après la libération du Tarn, Brens reprend sa fonction carcérale pour héberger le 20 décembre 1944, 273 collaborateurs tarnais arrêtés qui attendaient leur procès et qui auparavant été internés au camp de
Saint-Sulpice.
Fin 1945 alors que le camp se vide peu à peu de ses occupantes renvoyées dans leurs foyers, les autorités françaises prennent la décision de le dissoudre.
La décision devient effective en avril 1946, mais l’ordre de réquisition de 1939 est annulé par le préfet du Tarn, le terrain et les baraques sont évacuées, mais aussi réoccupées par l’Union Départementale des Syndicats de la Haute-Garonne qui en fait un camp de vacances.
En janvier 1948, le terrain est récupéré par son propriétaire monsieur Noblet d’Anglure ainsi que le pavillon et les baraques sont vendues à des particuliers.
BRENS… SOUS DIVERSES FACETTES
LA :
LE CAMP DE CONCENTRATION DE GURS
Du premier au dernier jour du camp, son administration et sa garde ont toujours été assurées exclusivement par les autorités
françaises.
QUELQUES DATES
Avec une capacité " d'accueil " de 18500 personnes, le camp de Gurs est le plus grand camp du sud de la France.
Construit en 42 jours, de mars à avril 1939 pour interner les combattants de l'armée républicaine espagnole vaincue par le franquisme, il sera utilisé ensuite comme centre d'internement pour les indésirables du régime de Vichy et deviendra l'une des bases de la déportation des juifs en France.
15 mars au 25 avril 39 :
construction du camp
Printemps et été 1939 : le camp " héberge " les combattants de l'armée républicaine espagnole et les volontaires des Brigades internationales réfugiés en France
- 5 avril 1939 : arrivée des premiers réfugiés
basques
- avril-août 39 :
arrivée au camp des combattants républicains espagnols : Basques, aviateurs, internationaux, espagnols
- septembre 39 à mai 40 : arrivée des
réfugiés espagnols
Eté 1940 : internement des "indésirables"
De mai à juillet 1940, le camp regroupe des réfugiés arrêtés dans l'agglomération parisienne, des politiques français, des réfugiés politiques basques,
Les réfugiés basques espagnols et les
Espagnols sans papiers seront en grande partie transférés à Rivesaltes :-qui, sera ensuite
utilisé-recyclé pour y enfermer
« les soldats Harkis français et leurs familles »
Les femmes allemandes (juives ou apatrides, réfugiées politiques ou économiques, femmes fuyant plus généralement le nazisme) sont rassemblées le 15 mai 1940 au Vel d'Hiv, internées à Gurs et libérées à la fin de l'été 1940.
Les indésirables français : militants communistes -la majorité-, syndicalistes, socialistes, anarchistes, droits communs, quitteront Gurs pour le camp de Nexon la même année.
22 juin 1940 : Armistice
D'octobre 1940 à novembre 1943, des juifs sont regroupés au camp de Gurs en attendant leur déportation -juifs allemandes expulsées du Pays de Bade, réfugiés juifs d'Europe centrale-.
- 22 octobre 1940 : rafle de 6.538 juifs du Pays de Bade, du Palatinat et de Sarre (1.125)
- 24 et 25 octobre 1940 : arrivée à Gurs des juifs badois
-les autres sont déportés à Rivesaltes-
Origine des juifs badois :
- Mannheim : 2.335
- Heidelberg : 1.380
- Karlsruhe : 750
- Firbourg-en-Brisgau
- Constance
Près de 1 sur 8 mourra au camp de Gurs -820 décès-
- 1er novembre au 31 octobre 1940 : nouveaux
internements de juifs en provenance :
- des camps de Brens et de Rivesaltes qui sont fermés
- arrestations arbitraires de juifs raflés
chez eux par la police de Vichy ou à la suite de contrôles d'identité, d'opérations de police à caractère racial et de chasses aux suspects étrangers – hier les juifs aujourd’hui les musulmans, les arabes, les noirs…les étrangers du Sud…Inlassablement l’histoire se répète…Mais,
les faits historiques qui, se sont déroulés sous le règne sarkozien seront écrits, par les historiens, comme furent écrits et vite oubliés, les faits historiques qui, ont eu lieu, sous le
règne du « papa Pétain »…
Les déportations à Auschwitz via le camp de Drancy
Entre octobre 40 et novembre 43 :
- 3.907 juifs sont déportés à Auschwitz via
Drancy
- 1.038 décès
- 910 évasions
- 6, 8 et 24 août 42 : 6 convois partent de Gurs
pour Drancy : 1710 hommes et femmes
- 1 septembre 42 : un convoi de 502 hommes et femmes
- 27 février
1943 : un convoi de 925 hommes et femmes
- 3 mars 1943 : un convoi de 770 hommes
Tous sont livrés à l'Allemagne Nazie par les policiers français, les listes sont dressées par les directeurs du camp de Gurs.
Ces hommes et ces femmes périront à Auschwitz.
Mars 43 : invasion de la zone libre
1 novembre 43 : le camp est dissout mais pas fermé.
Il reste 229 internés.
9 avril 44 : internement de 26 nomades français
5 juin 44 : internement de 151 femmes (politiques,
droits communs, prostituées)
25 août 44 : à la libération du Béarn, tous les internés sont relâchés
Après la libération, le camp sert de site d'internement pour les trafiquants du marché noir, les petits collaborateurs et des prisonniers de guerre allemands.
30 août 44 : internement de 310 soldats
allemands
26 octobre 44 : un
premier groupe de collaborateurs entre à Gurs.
Il y en aura jusqu'à 1.585 qui seront tous
libérés par la suite.
12 octobre 44 au 31 septembre 45 :
1.475 combattants ou réfugiés espagnols anti-franquistes sont internés -anciens maquisards FFI qui combattent le régime franquiste depuis le territoire français capturés aux postes frontière-.
Ils sont très vite libérés
Le camp est définitivement fermé le 31 décembre 1945.
Les baraques encore utilisables sont vendues aux enchères en 1946.
Les autres sont brûlées par mesure d'hygiène.
Une forêt est plantée sur les lieux du camp.
LA DEPORTATION
D'août 42 à février 43, six convois partiront de Gurs pour conduire 3907 personnes à Auschwitz via Drancy
LES INTERNES DE GURS
26 641 juifs originaires d'Allemagne, de Pologne
et d'Autriche
25 577 Espagnols républicains -dont
6 555 basques-
6 808 volontaires de Brigades internationales
originaires de 52 pays
1470 français
63 gitans
Ces informations sont extraites de l'ouvrage Le camp de Gurs, de Claude Laharie (voir la bibliographie).
Un témoignage :
… »Il y a des pays où les gens aux creux des lits font des rêves ...
Antonio ! Je m'appelle Antonio. J'étais anarchiste, anarchiste espagnol.
En 36, j'ai cru au bonheur, à la liberté.
J'ai espéré ne plus devoir attendre, aligné avec mes camarades contre le mur de l'église, que les propriétaires daignent me choisir pour cueillir les olives ou les amandes dans leurs champs.
J'ai rêvé d'un monde plus juste, j'ai rêvé de pouvoir donner du pain à mes enfants.
Et puis, il y a eu Franco. Avec tant d'autres, j'ai hurlé " no pasaran ". Je me suis battu. J'ai cru mille fois mourir à Madrid ou ailleurs ...
Ils sont passés !
Je me suis battu encore jusqu'à ce que cela ne fût plus possible, jusqu'au bout de mes forces, avec ma vieille pétoire, avec mes poings.
Mon père a été fusillé dans la cour de la ferme, devant sa femme, devant mes jeunes frères, parce qu'il refusait de crier " Vive Franco ". Ma mère est folle aujourd'hui. Folle de douleur ... Ils sont passés !
Trahi par Staline, vaincu par Franco, j'ai traversé les Pyrénées. Exténué, j'ai rejoint
la France.
Et j'attends. J'attends comme un voleur.
J'attends parmi les damnés, les éternels vaincus de l'Histoire. J'attends dans la boue, dans le froid, prisonnier au pays des libertés.
J'attends de pouvoir un jour retourner au pays. J'attends de revoir ma femme, mes enfants.
Que sont-ils devenus ? Et ma mère, et mes frères ?
Demain, après-demain, dès que possible, je m'enfuirai, j'irai les rejoindre.
Ici, ma vie n'a plus de sens. Et puis, il y a cette crasse, l'humidité des baraques de planches, les barbelés, la solitude, le déshonneur.
Malheur aux vaincus ! Ici, rien n'a plus de sens !
Il doit bien y avoir un pays où les gens aux creux des lits font des rêves ... »
Reconnaissance éternelle à ces hommes et femmes grâce auxquels nous avons pu, un temps, posséder des droits, connaître la liberté…Nous les avons trahis, nous avons bradés leurs sacrifices sur l’autel de notre frénésie consumériste…
Et, aujourd’hui, acculés nous nous devons de reprendre la lutte pour reconquérir, les droits égarés et, léguer a nos enfants et, petits enfants…un peu de cette liberté, abandonnée …
En savoir plus là :
Ce site se veut un lien entre tous ceux qui n'ont pas voulu oublier et ceux qui souhaitent découvrir ce qu'ont été la
barbarie nazie et la collaboration zélée de l'Etat Français de Vichy.
Là aussi :
Fonds photographique sur les camps d’internement français, 1939-1945
http://www.numerique.culture.
L'HISTOIRE DU CAMP
L'histoire du camp de Rieucros en Lozère, c'est en 1939 qu'elle débute réellement :
La :
http://www.rieucros.org/
Aujourd’hui,
Centres de
rétention :
Dedans ou dehors, nous restons aux côtés des étrangers expulsés
Appel à mobilisation et à rassemblement le 2 juin
Le 2 juin marquera la fin d'une présence associative nationale et indépendante dans les centres de rétention administrative.
La mise en concurrence des associations dans le cadre d'un appel d'offres et l'évolution de la mission associative vers une simple information des personnes au lieu d'une aide à l'exercice effectif des droits, tout cela ne saurait cacher la volonté réelle du ministère de l'Immigration : affaiblir l'action de la société civile et restreindre l’accès au droit pour les étrangers reconduits, afin de mieux atteindre les objectifs chiffrés d'expulsions.
C'est pourquoi La Cimade et ses partenaires associatifs appellent tous les citoyens, les associations, les avocats et les syndicats à se mobiliser et à se rassembler le 2 juin pour affirmer ensemble « dehors ou dedans, nous restons aux côtés des étrangers ! ».
La suite là :
http://ase.emv3.com/HM?a=
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